Inra : Histoire de plumes

Source : http://presse.inra.fr/Ressources/Communiques-de-presse/Volailles-les-chercheurs-veillent-au-grain

Un monde de volailles

Que de diversité dans une basse-cour ! Pas étonnant : cela fait plus de huit mille ans que l’homme cherche à s’entourer de volailles adaptées à l’élevage dans des conditions variées. Une bonne dizaine d’espèces d’oiseaux sont à classer parmi les volailles d’élevage : poules, dindes, cailles, faisans, pintades, pigeons, oies et canards. Arrivée plus récemment d’afrique, l’autruche devient familière des élevages et des restaurants. attention à l’intrus : en cuisine, on classe traditionnellement le lapin parmi les volailles alors qu’il s’agit d’un mammifère !

Chair ou œufs : bien choisir l’animal

Poulets de chair ou poules pondeuses : l’espèce est la même (Gallus gallus) mais les races sont différentes. Les poules pondeuses sont légères. une bonne poule élevée en conditions commerciales peut pondre plus de 300 œufs dans sa vie productive. Chez les poulets de chair, on trouve des races légères et des races lourdes. On ne choisira pas la même race selon que l’on veuille des carcasses ou des filets. Autre différence : tandis que les élevages en bâtiment sont peuplés de poulets à croissance rapide, que l’on abat au bout de 35 ou 40 jours, dans les élevages en plein air, on ne trouve que des poulets à croissance lente qu’on laisse courir 81 jours au minimum en production label rouge.

Le canard décrypté

Mission accomplie ! Grâce aux efforts de 19 laboratoires de 10 pays dont l’inra, le séquençage du génome du canard mulard est terminé. Publié dans la revue Nature Genomics en juillet 2013, le résultat de ce travail révèle un patrimoine génétique riche de 15 000 à 17 000 gènes. les chercheurs pourront désormais identifier plus facilement leur fonction et repérer les régions du génome impliquées dans des caractères d’intérêt. Ce séquençage permettra en outre de faciliter la sélection des animaux les plus performants. L’impact économique est indéniable : la France est le 2e pays éleveur mondial de canards après la chine et le premier pour la production de foie gras.

Quand recherche rime avec conservation

La protection de la biodiversité, ce n’est pas que pour les tigres, condors, pandas et autres bêtes sauvages ! Les animaux domestiques présentent aussi une richesse génétique inestimable pour laquelle l’inra se mobilise. Dans le cas des volailles, il existe des dizaines de races de poules, canards, dindons et pintades, fruit de la domestication et de siècles de sélection que la standardisation des méthodes de production menace d’éteindre. Depuis 2012, le centre de ressources biologiques pour les animaux domestiques (crB-anim) a pour ambition de préserver et valoriser la diversité génétique d’animaux d’élevage (volailles, porcs, bovins, abeilles…) et d’animaux de compagnie comme le chien. Comment ? En conservant des échantillons d’ADN, des semences ou des embryons d’autant de races que possible. Ce réseau qui associe organismes publics (dont l’Inra) et privés constitue une sorte de filet de sauvetage pour ces ressources génétiques en péril. Merci aux éleveurs amateurs de races rares qui fournissent au CRB-Anim des échantillons génétiques et des semences de leurs précieux animaux ! En contrepartie, le centre fournit aux éleveurs qui le lui demandent des semences pour faire revivre ces races ou pour augmenter la variabilité génétique de troupeaux mis en danger par la consanguinité. Par ailleurs, CRB-Anim est un partenaire indispensable pour les chercheurs qui s’intéressent à des caractères et des gènes spécifiques. La structure réalise aussi ses propres recherches sur la conservation par le froid des échantillons de cellules destinées à la reproduction.

Cryobanque aviaire : Sous un froid protecteur

Cryoconservation de sperme de coq dans des paillettes. © Inra - C. Maître
Cryoconservation de sperme de coq dans des paillettes. © Inra – C. Maître

La cryobanque aviaire française vient de souffler ses dix bougies. cette structure, dont l’Inra est l’un des principaux partenaires et qui fait partie de CRB-anim, se charge de conserver à -196°c des échantillons de sperme et de cellules reproductives de races de volailles locales. une vraie gageure technique : pour chaque espèce, de nouvelles difficultés doivent être résolues pour congeler et décongeler des semences sans qu’elles perdent leur fertilité. actuellement, la cryobanque, l’une des plus riches au monde, protège le patrimoine génétique de 53 races de poules, 7 canards de Barbarie, 4 canards de Pékin et une oie, la belle oie grise des landes. À présent, c’est sur la conservation du sperme de pintades que les chercheurs planchent.

Sauvegarder les races régionales

Dindons noirs de Sologne. © Inra - C. Maître
Dindons noirs de Sologne. © Inra – C. Maître

Une fête chez vous ? Surprenez vos amis : offrez-leur une authentique poule noire du Berry ou une magnifique oie de touraine ! Publicité mise à part, la protection des races anciennes passe d’abord par leur valorisation et la création d’un marché durable. C’est là l’origine du projet ValBioDi, lancé en 2012 par la région centre, une collaboration entre l’inra, le SYSAAF (syndicat des sélectionneurs avicoles et aquacoles français) et l’union de ressources génétiques de la région centre. Celui-ci s’efforce d’accompagner et de dynamiser un marché de niche pour ces volailles dites « festives » et de convaincre les éleveurs de se joindre à cette initiative. Par ailleurs, il cherche à mieux caractériser les races, à les conserver sous forme de gamètes ou embryons congelés grâce à la « cryobanque aviaire » et enfin, à éviter la consanguinité de ces animaux devenus rares. le projet s’est focalisé sur quatre races : la poule noire du Berry, l’oie de touraine, le dindon de sologne et la pintade Perle noire. Les résultats commencent à se voir : la poule noire du Berry constitue un marché d’environ 13 000 animaux par an où la demande est bien supérieure à l’offre. De son côté, le dindon de sologne, dont il ne restait qu’une dizaine d’individus, commence à ressurgir petit à petit.

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