Lait : la fin d’un système

logo-MNERLe 25/03/2015. La production laitière européenne est entrée dans un système de destruction des exploitations car la filière laitière ne distribue plus la valeur ajoutée aux producteurs.
La valeur ajoutée reste dans les maillons intermédiaires entre le producteur et le consommateur. Avec la suppression des quotas laitiers, la situation va s’aggraver car l’industriel a tous les pouvoirs entre les mains.
Les organisations de producteurs sont trop nombreuses et trop divisées mais toutefois, certaines progressent dans le bon sens et le législateur serait bien inspiré d’appuyer ces organisations si l’on veut préserver les agriculteurs dans nos territoires…

Les responsables politiques devraient prendre conscience de l’évolution du rapport de force entre les producteurs et les industriels, certaines industries coopératives notamment qui procèdent à l’intégration totale des producteurs avec des contrats soi-disant « donnant donnant ».
L’industriel accorde des volumes supplémentaires et le producteur s’engage à prendre toutes les fournitures à la coopérative.
C’est soi-disant l’engagement de l’associé coopérateur ? Alors pour approfondir cet engagement, il est nécessaire de se poser quelques questions essentielles :

  • Le producteur s’engage à livrer un tonnage de lait toute l’année sans aucun engagement de prix de l’acheteur (prix du lait payé en B pour les volumes supplémentaires).
  • L’industriel est prêt à distribuer des litres supplémentaires moyennant engagement du producteur à s’approvisionner en aliments à la coopérative soi-disant pour la traçabilité du produit lait de la ferme aux consommateurs.
  • Les aliments et autres fournitures prises dans ces coopératives seront-ils facturés aux prix B ? (prix mondial).
  • Tous les intervenants du para-agricole qui passent dans nos exploitations sont-ils payés au prix mondial ? (un vétérinaire travaille dans certains pays d’Europe pour 600 E/mois). Des directeurs de coopérative gagnent 4 à 5 fois moins cher dans certains pays producteurs de lait, la mise en compétition est-elle destinée à toutes les professions ? Ou ciblée sur certaines professions moins considérées.
  • Pour s’assurer du bon déroulement des choses, il serait nécessaire que les coopératives laitières nous donnent en euros constants l’évolution sociale du membre coopérateur durant ces dix dernières années ? Car en effet nous pourrions observer l’évolution des revenus des producteurs dans la société.

Pour conclure, si l’on veut préserver les éleveurs laitiers de France, il faudra un jour ou l’autre assurer une marge aux 1000 litres de lait.

Source : MNER

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