FRSEA : Expression en réponse à Michel-Edouard LECLERC

FRSEA bretagneFrançois VALY, Président de la section porc FRSEA Bretagne :

Suite aux actions d’éleveurs de porcs du 4 avril dernier, M. Michel-Edouard LECLERC s’est largement exprimé sur son blog et dans la presse exprimant son point de vue sur la crise que connaît la filière porcine. Tout d’abord, nous saluons la prise de conscience de M. LECLERC sur la situation de crise de la filière : après 7 ans de crise, d’actions des éleveurs, d’interpellations et de rencontres de l’ensemble des acteurs de la filière, il était temps !

Nous voudrions, de plus, rappeler à M. LECLERC que les éleveurs qui manifestent et que MEL qualifie de « quelques éléments incontrôlables, probablement désespérés » sont des citoyens avant tout, des gens formés, mais aussi très bien informés qui travaillent beaucoup afin de se réaliser sur le plan professionnel et personnel, qui n’ont eu de cesse depuis 7 ans d’exprimer la situation catastrophique dans laquelle ils se trouvent.

Mais, face à l’immobilisme qui fût leur seule réponse, on peut comprendre qu’ils cherchent à faire entendre leur détresse par d’autres moyens… En tant que représentants du syndicalisme majoritaire, si nous sommes capables d’organiser des mobilisations massives pour défendre le plus grand nombre, notre rôle n’est pas de contrôler l’ensemble des actions des éleveurs sur le terrain ! Nous ne manipulons pas les éleveurs !

Dans votre expression, vous présentez les raisons qui selon vous expliquent la situation actuelle. Si les évènements internationaux et les distorsions de concurrence que vous évoquez expliquent une partie de la crise, ne prenez pas les éleveurs pour des naïfs !

Ils savent très bien que des solutions majeures sont entre les mains des acteurs de la filière, à commencer par les vôtres !!

C’est pourquoi, votre absence lors de la table ronde nationale sous le prétexte de votre désaccord sur la loi Macron, qui n’était pas l’objet de la réunion, est interprétée par le monde de l’élevage comme une volonté de rester dans l’inaction.

Votre responsabilité dans cette crise est bien réelle !!

Comment  expliquez-vous  que,  en  un  an,  selon  l’observatoire  officiel  des  prix  et  des  marges  de M. CHALMIN, les prix payés aux producteurs du kg de porc a baissé de 23 centimes alors que, pendant ce temps, les prix aux consommateurs ont stagné ? Où est passé la différence ?

La dictature du marché et la guerre des prix toujours plus bas dont vous êtes l’acteur principal sont en train de ruiner nos filières d’élevage, l’économie de notre territoire !!! Vous évoquez, de plus, les efforts importants réalisés par les centres Leclerc via Kermené sur l’étiquetage « le porc français » et prétendez que 95 % de la viande de porc commercialisée dans vos magasins sont d’origine française.

saucisson-VPF FRSEAAlors, expliquez-nous pourquoi et comment est-il possible de trouver des produits dans vos magasins avec un étiquetage tendancieux sur des saucissons « Marque repère » ou « Nos régions ont du talent » avec un logo qui revendique l’origine France et qui ressemble étrangement au logo « le porc français » (cf photos) ?

N’y aurait-il pas ici une volonté de berner le consommateur ?

Pourquoi ne pas utiliser le logo officiel, doté d’une procédure d’agrément et de contrôle rigoureuse ?

Vous critiquez également les pouvoirs publics et les représentants des agriculteurs sur la politique d’installation mais, encore une fois, M. LECLERC vous méconnaissez réellement la réalité du monde de l’élevage ! Sachez  que,  si  la  taille  de  nos  élevages  nourrit  un  débat  important  au  niveau  sociétal,  leur  taille grandissante n’est pas synonyme de compétitivité.

La santé financière des élevages n’est pas proportionnelle à leur dimension !

Il est facile pour ceux qui veulent que rien ne bouge, de chercher les raisons de la crise ailleurs : pouvoirs publics, Bruxelles, commerce international, distorsions de concurrence…  Il faut surtout penser à rénover les relations commerciales dans la filière… de l’amont à l’aval ! Les récents propos du PDG de Nestlé sur les méthodes de la grande distribution avec les fournisseurs qualifiées de « pression digne d’une garde à vue » nous incitent à vouloir faire évoluer les choses.

Nous sommes prêts à travailler sur les pistes qui ont été avancées lors de la table ronde nationale mais la situation ne s’arrangera pas si on laisse les distributeurs spolier les éleveurs en toute impunité !

Alors, M. LECLERC, arrêtez vos sermons et belles paroles et passez aux actes !

Soyez convaincu que, sans un retour légitime de la valeur ajoutée vers les producteurs, vous serez avec les autres enseignes de distribution les principaux artisans de la disparition de l’élevage dans notre pays et du déclin programmé de notre région !!! A quoi bon avoir l’un des outils industriels le plus moderne d’Europe si les agriculteurs « crèvent juste à côté » ?

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