Les producteurs de colza s’inquiètent d’un projet qui pourrait avoir des conséquences désastreuses

Le groupe Total a présenté hier matin un projet de reconversion de sa raffinerie de La Mède, qui s’orienterait désormais vers la production de biocarburant à base d’huiles végétales.

logo-FOPPour la Fédération française des producteurs d’oléagineux et de protéagineux (FOP), ce projet pourrait avoir des conséquences désastreuses à la fois pour les producteurs français de colza et pour la filière française du biodiesel dans son ensemble.

En effet, la reconversion de l’activité de raffinage de brut de La Mède devrait impliquer principalement l’utilisation d’huile de palme pour la production de biocarburant. Cette huile de palme, non produite en France, serait nécessairement importée. Elle remplacerait ainsi l’huile de colza produite en France, dont la production locale est non délocalisable.

Les conséquences directes et indirectes seraient alors sans appel pour les filières concernées, lesquelles représentent près de 20.000 emplois répartis sur tout le territoire, contribuent à hauteur de 2 milliards d’euros  au  PIB  national  et  permettent  une  économie  d’importation  de  diesel  et  de  tourteaux  pour
l’alimentation animale de l’ordre d’1,5 milliard d’euros (source : étude PwC, 2013).

Les producteurs agricoles craignent notamment de voir la production nationale de colza enregistrer une perte de surface de l’ordre de 400 000 hectares (- 27 %). La production nationale de tourteaux de colza, coproduits de la production de biodiesel servant à l’alimentation animale, en serait immédiatement impactée. Pour nourrir leurs animaux, les éleveurs français n’auraient alors d’autre choix que de compenser la production locale de tourteaux de colza par 500 000 tonnes de soja OGM en provenance du continent américain.

Pour  les  producteurs  français  de  biodiesel,  la  reconversion  de  La  Mède  et  les  volumes  annoncés (500 000 tonnes par an) menaceraient l’avenir de la filière dans son ensemble. Ils rappellent que les acteurs de la filière sortent à peine d’une phase de restructuration qui leur a permis d’adapter leur capacité aux besoins du marché. Le groupe Avril a ainsi été contraint, fin 2013, de fermer les unités de production de Cappelle-la-Grande (Nord) et de Venette (Oise), ainsi que l’usine de trituration Saipol de ce même site.

Gérard Tubéry, Président de la FOP, a déclaré : « Le projet de Total déplace une difficulté industrielle vers les producteurs de colza et le monde agricole. A l’heure où il est question de défendre l’agriculture française pour mieux répondre à des défis décisifs pour l’avenir, cette annonce fait peser un poids sans précédent sur les agriculteurs. En l’état actuel du cadre réglementaire, une telle situation n’est pas acceptable pour les producteurs de colza français. »

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