Plan d’action national de l’enseignement agricole « 100 % citoyen »

logo_ministere_agricultureÀ la suite des attentats qui ont endeuillé la France en janvier 2015, le gouvernement a décidé d’engager une Grande mobilisation de l’école pour les valeurs de la République. Le système éducatif a en effet une place centrale que nous lui connaissons dans la République et, à ce titre, est au cœur des réponses que notre pays doit apporter à ces attaques.

L’enseignement agricole s’inscrit dans cette mobilisation et contribuera pleinement à sa mise en œuvre. Pour autant, l’enseignement agricole présente des spécificités, qui peuvent à la fois constituer des atouts (ainsi, l’éducation socioculturelle ou l’importance des internats) et également être à l’origine de difficultés particulières.

CP-ecole-agricole-070415Une méthode

Un travail collectif propre à l’enseignement agricole a donc été engagé depuis le mois de janvier, afin d’apporter une réponse éducative à cette situation :

  • un forum internet a très rapidement été mis en place pour permettre à tous les membres de la communauté éducative de s’exprimer, de façon individuelle ou collective ;
  • trois débats ont été organisés par le Ministre, associant des jeunes et des membres de la communauté éducative de l’enseignement agricole :
    • le 24 février 2015, avec Najat Vallaud-Belkacem, Ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, sur le thème de la citoyenneté dans l’enseignement agricole (au Salon international de l’agriculture) ;
    • le 10 mars 2015, sur le sujet de la transmission des valeurs de la République (à la Cité de l’histoire de l’immigration) ;
    • le 24 mars 2015, sur le thème des médias et réseaux sociaux (au ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt).
  • des rencontres bilatérales ont également été organisées entre les membres du comité national de l’enseignement agricole (CNEA) et la directrice générale de l’enseignement et de la recherche (DGER) ;
  • des débats ou actions pédagogiques ont été menés dans les établissements d’enseignement agricole à leur initiative.

La journée nationale du 7 avril 2015 constitue un point d’étape dans cette démarche. Elle permet de tracer les voies d’un plan d’action de l’enseignement agricole qui constituera à la fois sa contribution à la Grande mobilisation de l’école pour les valeurs de la République et une feuille de route à mettre en œuvre au cours des prochains mois.

Trois grands objectifs

Défendre la laïcité et lutter contre les discriminations

  • la laïcité est un fondement du système éducatif français ;
  • dans l’enseignement agricole, on rencontre peu de tensions fondées sur des questions religieuses mais parfois des difficultés liées à la méconnaissance réciproque, et donc au rejet des autres, pouvant aller jusqu’à des problèmes de racisme. Cette lutte contre les discriminations est essentielle.

Favoriser la citoyenneté et l’engagement personnel

  • ce sont des valeurs qui trouvent un écho fort au sein de l’enseignement agricole. Elles sont notamment mises en avant à travers l’éducation socioculturelle, la pratique sportive et sa dimension sociale, les actions de coopération internationale, la vie quotidienne dans les établissements disposant de nombreux internats et des actions éducatives associées…
  • pour autant, les jeunes de l’enseignement agricole ressentent cet enseignement comme insuffisamment ouvert et mal connu du milieu urbain.

Lutter contre les inégalités et promouvoir la mixité sociale

  • c’est un défi pour tout le système éducatif français ;
  • l’enseignement agricole peut se prévaloir d’être vecteur de promotion sociale et d’une bonne insertion professionnelle de ses jeunes. Mais reste beaucoup à faire.

Un plan d’action national

Des mesures immédiates

Préciser la place de l’éducation civique dans l’enseignement agricole. L’éducation civique est identifiée dans les référentiels de formation (modules) de l’enseignement agricole, mais sans affectation spécifique d’horaire :

  • les adaptations de programmes relevant du ministère de l’éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche seront naturellement transposées dans l’enseignement agricole ;
  • mais pour les enseignements propres à l’enseignement agricole, c’est prioritairement par des démarches pluridisciplinaires et concrètes que ces valeurs pourront être transmises. La mise en œuvre de cet enseignement civique fera donc l’objet d’une réflexion spécifique et d’un document d’orientation élaboré par l’Inspection de l’enseignement agricole.

Développer la culture du débat, de l’expression des positions et des divergences, car c’est par le débat que l’on peut à la fois permettre un meilleur apprentissage des valeurs et éviter des réactions plus violentes. Ce sont des actions pédagogiques originales qui devront être mises en œuvre dans les établissements, pour répondre à ce besoin.

Le simple enseignement des valeurs ne suffit pas ; il faut en débattre et les faire vivre.

  • C’est l’ensemble des personnels qui peut et doit incarner les valeurs de la République. Et c’est vis à vis de tous ces personnels que le jeune doit s’engager.
  • Pour que le « bien vivre ensemble » dans les établissements ne reste pas un slogan, sa mise en œuvre doit être préparée et accompagnée par des actions spécifiques. La semaine d’accueil des jeunes, en début d’année, peut constituer pour cela une opportunité ; il peut en être de même pour la journée de la laïcité, ou la semaine de lutte contre le racisme et les discriminations.

Au-delà des actions tournées vers les jeunes, il est essentiel d’enrichir la formation des enseignants et des personnels d’éducation. Deux axes seront notamment mis en avant, tant en formation initiale qu’en formation continue :

  • une approche pédagogique de la laïcité et de la lutte contre les discriminations, devant concerner les enseignants de toutes les disciplines ;
  • l’éducation aux médias et à l’information (déjà présente dans le cadre de l’éducation socioculturelle) et aux enjeux du numérique et des réseaux sociaux au sein des établissements d’enseignement.

Mais c’est au plan local que les actions les plus appropriées peuvent être identifiées.

  • Le directeur de chaque établissement d’enseignement agricole formalisera un plan d’action propre, fondé sur la situation et les priorités locales ;
  • Ce document devra être débattu localement et présenté en conseil d’administration, au plus tard à la fin de l’année 2015. Ses orientations seront inscrites dans le projet d’établissement.

Des mesures à construire

La connaissance et l’ouverture à l’autre sont essentielles et toujours à développer, à tous les niveaux :

  • la coopération internationale est l’une des richesses mise en œuvre dans de nombreux établissements mais elle est complexe à organiser pour les plus jeunes. Des adaptations seront donc recherchées ;
  • la méconnaissance réciproque existe aussi au sein de notre pays. La multiplication des échanges entre les établissements ruraux et les collèges ou lycées de ville ou de banlieue pourrait être une piste à explorer. Cette proposition fera l’objet d’une analyse avec les services du ministère de l’éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, aux échelons central et régional. 

Pourrait-on valoriser l’engagement associatif ou citoyen des jeunes ? La richesse individuelle et collective de tels engagements est connue ; pour- raient-ils être valorisés dans le cursus de formation des jeunes ?

Un travail de réflexion est nécessaire pour préciser les conditions d’accès à internet, aux médias numériques et aux réseaux sociaux dans les établissements.

Le calendrier du plan d’action national

La réponse éducative de l’enseignement agricole aux attentats de janvier 2015 s’inscrit dans une démarche de long terme, mais qui doit être engagée avec volontarisme et sans délai.
Le ministère finalisera d’ici fin mai 2015 l’ensemble des mesures du plan d’action national :

  • ce plan sera soumis à concertation et débattu au conseil national de l’enseignement agricole (CNEA) ;
  • il constituera la contribution de l’enseignement agricole au travail plus général piloté par la ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche.
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