Indications géographiques au service des consommateurs et des producteurs

Invitée des rencontres de Cambremer en 2015, l’ONG oriGIn, ONG représentant 400 associations de producteurs liées aux indications géographiques dans plus de 40 pays et sa section française ont développé lors des tables rondes et sur son espace les nombreuses contributions positives des IG.

Une participation remarquée à la table ronde « Les indications géographiques, outils de mondialisation positive ! »

3 représentants d’oriGIn France et monde ont participé à la table ronde dédiée à ce thème :

  • Christian AMBLARD, Délégué général du Syndicat du Pruneau d’Agen IGP, membre du comité exécutif d’oriGIn
  • Leo BERTOZZI, Représentant de l’AICIG (Associazione Italiana Consorzi Indicazioni Geografiche),
  • Claude VERMOT-DESROCHES, Président d’oriGIn section France et Président du CIGC (Comité Interprofessionnel de Gestion du Comté)

À titre d’exemple, la filière des fromages AOP et IGP en France comporte plus de 20 000 producteurs et 400 ateliers de transformation et d’affinage pour 58 000 emplois directs. L’IGP Pruneau d’Agen représente 98 % de la production nationale de pruneau, avec 12 500 ha, 1 300 exploitations et 5 400 emplois directs.

Pendant les tables rondes, les participants d’oriGIn exposé les bénéfices directs des IG pour le consommateur (transparence, information, contrôle indépendant, qualité), mais aussi les bénéfices pour les territoires. Ainsi, avec la valorisation des cultures locales incluant la préservation de savoir-faire uniques, les IG donnent un regard nouveau sur la mondialisation, qui, grâce aux IG, peut être différenciante et non globalisante. Il est vrai que les IG comportent des fondements un peu à contre-courant, elles sont :

  • non délocalisables, car par définition indissociables d’un territoire donné et de conditions d’élaboration particulières. Un des effets conjoints de la localisation de la production, des exigences des cahiers des charges et de l’organisation collective, se matérialise par une création d’emplois et un partage de la valeur créée avec les IG.
  • gérées collectivement, ce qui implique des engagements communs et une gestion concertée.
  • l’expression de cultures originales inscrites dans le patrimoine des régions (gastronomie, architecture, paysages), et participent au maintien d’une biodiversité.

De ces atouts, les territoires en tirent un bénéfice concret dans la création de valeur ajoutée, qui peut être partagée par toute la filière (de la production à la transformation). Charles DEPARIS (Président de l’association des 3 AOP fromagères bas-normandes a souligné cet impact. Par exemple les filières AOP fromagères emploient environ 2,8 emplois pour 100 000 l de lait, comparé à l’ensemble de la filière nationale, qui occupe 1 emploi pour 100 000 l de lait.

Mais ces arguments ne sont pas partagés par tous les courants de pensée mondiaux et aujourd’hui les IG sont au cœur des discussions internationales sur le commerce et la propriété intellectuelle. C’est tout l’enjeu de l’action d’oriGIn face aux arguments de multinationales et de lobbys, notamment américains, souhaitant capter la valeur associée à des dénominations sans les exigences du collectif et des cahiers des charges. Il est nécessaire d’argumenter sur les bénéfices des IG, convaincre de l’efficacité de ce système, complémentaire au système des marques. Claude VERMOT DESROCHES a d’ailleurs réaffirmé le travail incontournable du collectif pour faire vivre les AOP et IGP, pour qu’elles soient l’expression des valeurs portées par les acteurs du territoire.

Anne-Marie GRANGER GODBOUT, PDG du Conseil des Appellations Réservées et des Termes Valorisants (équivalent de l’INAO au Québec), par son expérience outre-Atlantique et l’expérience toute récente de la création du dispositif québécois des IG, insiste sur la valorisation des impacts positifs (vitalité, valorisation culturelle) et le rôle du collectif.

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