Alourdissement des stocks de blé face à la concurrence britannique et argentine

La seconde partie de campagne commerciale 2015/16 s’annonce difficile pour le blé français, en raison notamment, de la concurrence des blés fourragers britanniques sur les débouchés européens et du regain de compétitivité de l’Argentine, suite aux mesures prises pour libéraliser les exportations et avec l’aide supplémentaire des taux de fret au plus bas. Le disponible s’alourdit laissant augurer un stock de report très lourd en fin de campagne. La baisse des prix ne suffit pas pour le moment à stimuler la demande, dans un contexte d’offre mondiale très abondante. C’est ce qu’il ressort du dernier conseil spécialisé céréalier de FranceAgriMer qui s’est tenu le 13 janvier 2016 dernier.

Nouvelles prévisions pour la campagne commerciale 2015/16

FranceAgriMer a validé les nouveaux bilans prévisionnels de FranceAgriMer pour la campagne commerciale 2015/16.

Blé tendre : le disponible s’alourdit en raison de la concurrence britannique et argentine

Dans un contexte de récolte historique de blé tendre proche de 41 millions de tonnes (Mt), la seconde partie de campagne commerciale s’annonce difficile pour la France. La concurrence des blés fourragers britanniques sur le marché européen, notamment, conduit FranceAgriMer à réviser à la baisse ses prévisions de ventes vers l’Union européenne à 7 Mt, soit 440 000 tonnes de moins que le mois dernier. Les prévisions d’exportations françaises vers les pays tiers sont également revues à la baisse de 200 000 tonnes à 11,3 Mt en raison de la concurrence de l’Argentine, notamment sur l’Égypte, suite aux mesures prises pour libéraliser les exportations et avec l’aide supplémentaire des taux de fret au plus bas.

En dépit d’une revalorisation des prévisions d’utilisation de blé par les fabricants d’aliments du bétail français à 5,1 Mt (+ 100 000 tonnes par rapport au mois dernier), le disponible s’alourdit de 560 000 tonnes par rapport au mois dernier à près de 3,2 Mt au-delà du stock de report moyen des cinq dernières années (2,6 Mt). À moins que s’ouvrent, en deuxième partie de campagne, de nouveaux marchés ou que, plus généralement, la demande s’intensifie, le stock de fin de campagne à la fin juin pourrait être particulièrement lourd, alors que les surfaces en blé sont annoncées en hausse dans l’hexagone pour la campagne 2016/17.

Orges : disponible revu à la baisse à moins de 1 Mt

Malgré la révision à la baisse des prévisions d’utilisations par les fabricants d’aliments du bétail français à 1 Mt (- 100 000 tonnes par rapport au mois dernier) au profit du blé, le disponible en orges s’allège à moins de 1 Mt en raison d’une baisse des prévisions de collecte à moins de 10,8 Mt et de l’augmentation des prévisions d’exportations à 3,4 Mt (+ 100 000 tonnes par rapport au mois dernier), compte tenu de la demande saoudienne. Et ce malgré le ralentissement de la demande asiatique.

Maïs : baisse des prévisions d’utilisations par les amidonniers français mais des ventes vers l’Union européenne plus dynamiques que prévu

Côté maïs, les prévisions de collecte ont été révisées à la hausse de 170 000 tonnes par rapport au mois dernier à près de 11,8 Mt. Dans le même temps, les prévisions d’utilisation par les amidonniers français ont été minorées de 100 000 tonnes à 2 Mt. Néanmoins, le disponible au-delà du stock de report moyen des cinq dernières années, varie peu par rapport au mois dernier; grâce à la revalorisation des ventes vers l’Union européenne de 160 000 tonnes à plus de 5,2 Mt. Les ventes de maïs s’avèrent en effet plus dynamiques que prévu à destination des Pays-Bas et de l’Espagne.

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Renforcer la logistique ferroviaire

Suite à la présentation d’une synthèse sur le transport ferroviaire de marchandises, le conseil a échangé sur cette question considérée comme un des déterminants importants de la compétitivité du secteur céréalier. Il y a consensus sur le fait d’avoir pour objectif de renforcer la part modale du fer.

Comme le transport fluvial, le fret ferroviaire mérite d’être encouragé, comme mode de transport économique et propre. Le rail représente moins de 2 % de la consommation d’énergie et seulement 0,4 % des émissions de gaz à effet de serre alors que globalement le transport est un des principaux contributeurs du changement climatique, avec 27 % des émissions de gaz à effet de serre.

Le fret fer souffre du tracé en étoile du réseau, d’un manque de liaisons Est-Ouest, de la concurrence fret/voyageurs sur les voies, de la fermeture de nombreux capillaires et de la difficulté financière à réaliser de nouvelles infrastructures ou à faire certains travaux de maintenance, pourtant indispensables.

L’innovation technique peut cependant faire bouger les choses, avec des essais de trains plus longs et plus lourds et le recours à des wagons céréaliers de grande capacité (101 m3).

L’amélioration du réseau ferré national et des capillaires est en cours, les grands ports considèrent comme stratégique la desserte fer de leur hinterland ce qui concourt au développement des parts modales des transports ferroviaire et fluvial. La concurrence dans le fret permet de disposer d’une offre plus flexible, d’un meilleur accès aux sillons et d’une meilleure fiabilité.

L’emplacement de capacités de stockage mutualisées le long des principaux axes peut contribuer au développement des transports alternatifs à la route.

Source : FranceAgriMer

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