Quelle variété de maïs fourrage les vaches choisiraient-elles ?

Le choix des variétés de maïs fourrage doit se faire en fonction de critères agronomiques et zootechniques bien précis. Il doit donc aussi prendre en compte la stratégie d’alimentation du troupeau et les ressources fourragères de l’exploitation. La ration alimentaire se construit en effet en fonction des objectifs de production lait et/ou de viande et du stade de développement des animaux. Les besoins d’une vache laitière haute productrice ou d’un jeune bovin à l’engraissement sont en effet plus élevés que ceux d’un animal à l’entretien. L’équilibre entre les fourrages de la ration doit donc bien répondre aux besoins des animaux.

De la diversité dans le système fourrager

La ration alimentaire est construite à partir des ressources fourragères de l’exploitation car l’achat de fourrage et/ou de concentrés est un investissement coûteux. Le choix pertinent et la conduite optimale des fourrages produits sur l’exploitation sont une source d’économie et de maîtrise du coût de la ration. Chacun reconnaît la complémentarité du maïs fourrage et de l’herbe conservée dans l’alimentation des vaches laitières pour un bon équilibre entre l’énergie et les protéines. Il en est de même de la complémentarité du maïs fourrage et de la luzerne.

Un bon maïs fourrage apportera de la concentration énergétique, une herbe bien conservée apportera des matières azotées et une meilleure valorisation de l’énergie de la ration, les légumineuses apporteront des protéines. Un maïs grain humide augmentera la concentration énergétique de la ration.

0,01 UFL/kgMS en plus, c’est potentiellement 0,3 litre de lait supplémentaire par vache et par jour

Le maïs fourrage est d’abord une source d’énergie provenant pour partie de l’amidon contenu dans les grains et pour autre partie des tiges et feuilles. L’équilibre entre ces deux parties dépend du choix variétal et du stade de récolte :

  • Une récolte à maturité élevée (environ 35 %MS) favorisera la concentration énergétique par le grain (teneur en amidon élevée), parfois au détriment de la qualité de la partie « tige + feuilles »)
  • Une récolte plus précoce assurera un meilleur équilibre entre la partie « tige + feuilles » et le grain

A maturité voisine, il existe des différences de teneurs en amidon et de qualités de « tiges+feuilles » entre les hybrides. Ces différences sont mesurées dans les essais réalisés chaque année. On peut ainsi mieux qualifier les variétés, selon leur richesse en amidon et leur qualité tige+feuilles.

A même teneur en matière sèche, les écarts de teneur en amidon entre variétés peuvent être de plus de 4 points, les écarts de DINAG (digestibilité du non amidon non glucides) de plus de 3 points, les écarts de valeur énergétique UFL de plus de 0,03 UFL/kgMS. Rappelons que 0,01 UFL/kgMS, c’est potentiellement un supplément de 0,3 litre de lait par vache et par jour. A teneurs voisines en énergie (UFL), les écarts de teneur en amidon entre variétés peuvent être de plus de 4 points, les écarts de DINAG de plus de 2 points. Sous une même valeur énergétique se cachent donc des hybrides différents sous l’angle de la valorisation animale.

L’ABCD du choix agronomique

La précocité à la récolte est un critère essentiel pour la qualité. On recherche une récolte entre 31 et 35 %MS plante entière pour assurer rendement, valeur alimentaire et bonne conservation au silo.

Le rendement plante entière et sa régularité sont synonymes de sécurité et d’optimisation des coûts.

La résistance à la verse et la tolérance aux maladies du feuillage sécurisent le potentiel. Les progrès ont été importants ces dernières années sur ces critères.

La valeur alimentaire, enfin, intéresse directement les bovins et favorise leur production.

Pour des animaux à forts besoins énergétiques, on recherchera la concentration énergétique de la ration, dans la limite des risques zootechniques (risque d’acidose lié à la teneur en amidon et en sucres de la ration). Un maïs fourrage à haute teneur en amidon et à bonne valeur UFL répondra à ces besoins avec une complémentation adaptée pour répondre aux besoins en protéines (luzerne par exemple). Mais on pourra aussi construire une ration à base de maïs fourrage et d’herbe conservée (énergie et protéines) dont on renforcera la concentration énergétique par un complément à base de MGH par exemple…

Source : Arvalis

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