FRSEA : Nos propositions pour l’agriculture Bretonne doivent être mises en œuvre

Tribune de Thierry COUE, Président de la FRSEA Bretagne.

Les mobilisations de 2015 ont permis de mettre en évidence la situation dégradée de l’agriculture et d’obtenir une intervention de l’Etat. Malgré les engagements, l’implication de l’Etat n’a pas suffi à sortir l’agriculture bretonne de l’ornière. Les mesures nécessaires à la compétitivité n’ont pas été adoptées.

L’agriculture est plus que jamais en danger

Notre réseau syndical repart donc aujourd’hui en actions. Le Premier Ministre a évoqué la semaine dernière un renforcement du plan d’urgence. Ce renforcement, certes nécessaire pour accompagner les nombreux agriculteurs en difficulté jusque- là oubliés, n’apportera toujours pas les réponses nécessaires pour redonner un avenir à notre agriculture.

Cela fait des mois, voire des années, que des solutions pérennes sont mises sur la table par nos représentants. Mais l’Etat ne les concrétise jamais. Ainsi, la réponse donnée en 2013 avec le Pacte d’avenir pour la Bretagne, qui avait pour objectif de redonner de la compétitivité à cette filière essentielle pour la région et la France, est un échec.

Il n’est plus temps de tergiverser

Pour créer un réel levier immédiat en faveur de l’agriculture française et bretonne, l’Etat doit en urgence :

  • Appliquer l’étiquetage d’origine pour tous les produits alimentaires, y compris les produits transformés et les plats préparés.
  • Financer par la TVA une baisse des cotisations sociales, afin de redonner au secteur  agricole et agroalimentaire des points de compétitivité vis-à-vis des autres pays européens.
  • Étendre le dispositif du CICE (ou prévoir un dispositif équivalent) aux agriculteurs en individuels pour redonner un souffle de trésorerie et de la compétitivité aux exploitations sans salariés.
  • Faire appliquer la loi sur les clauses de renégociations dans le cadre des relations producteurs-transformateurs-distributeurs : les manquements à la loi doivent être condamnés.
  • Appuyer la mise en place d’un fonds de soutien qui serait abondé par les distributeurs, maillon terminal de la filière, pour retourner de la valeur ajoutée aux agriculteurs qui répondent déjà à des standards sanitaires, environnementaux et sociaux élevés imposés par l’État et la distribution.

Citoyens, si rien n’est fait, ce ne sont pas quelques agriculteurs qui vont disparaître, c’est votre droit à choisir de manger français. Et même plus … Nos productions sont vos emplois !

L’Etat ne peut pas non plus faire l’impasse d’une mise en œuvre réelle et immédiate d’autres mesures qui répondront sur le moyen terme au manque de compétitivité de notre agriculture :

  • Supprimer les surtranspositions de règles communautaires, ainsi que toutes les normes et mesures – existantes ou à venir – dont l’évaluation coûts/bénéfices montre un impact économique et/ou social négatif.
  • Réformer en profondeur la fiscalité, afin qu’elle puisse permettre aux agriculteurs de faire face à la volatilité, en leur permettant notamment d’épargner de la trésorerie et de la réintégrer les années les plus difficiles.
  • Accentuer la pression politique sur le secteur de la distribution pour obtenir  la transparence sur ses marges nettes.

En complément de ces mesures, une des clés de l’amélioration de la situation des agriculteurs est une meilleure organisation des filières. S’agissant de l’organisation de la filière porcine, nous exhortons tous les opérateurs à s’y engager en urgence. Nous engageons la réforme nécessaire avec ceux qui sont autour de la table.

Thierry Coué, Président de la FRSEA Bretagne

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