Le marché du porc fait son bilan 2015

En 2015, le cours du porc, dans les différents pays de l’UE, aura été inférieur de l’ordre de 10 % à celui de 2014. La conjonction de différents facteurs a conduit à cette situation de marché :

  • Hausse de production de l’UE de 2,7 à 3 %,
  • Poursuite de l’embargo russe,
  • Consommation atone, voire en baisse dans certains grands pays.

Le coup de pouce donné par la hausse des importations de la Chine (+ 50 %), de la Corée du Sud (+ 20 %) n’aura pas été suffisant pour dynamiser les prix de marchés. Le prix de référence est en baisse de 10,4 % en Allemagne, de 11,3 % en Espagne, de 11,5 % au Danemark, de 6,71 % en France.

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Source : Marché du Porc Breton

Prix de base d’environ 1,238€

L’interruption de la cotation au MPB du 8 octobre au 23 novembre ne permet pas la diffusion d’une référence 56 TMP comme les autres années. Pour aboutir à un prix estimé 2015, il a été calculé un prix estimé par semaine sur base des déclarations des cotations proposées par les différents abattoirs aux organisations de producteurs pendant l’interruption du MPB. Le prix de base annuel se situe à 1,238 € avec une marge d’erreur de 0,5 cent selon les méthodes de calcul (pondération ou pas par le nombre de porcs abattus). En 2015, le prix du porc n’a pas permis aux éleveurs d’atteindre le coût de production. La situation est très critique dans le sens où les éleveurs supportent une succession de mauvaises années sans répit depuis 2007.

Des initiatives pour tenter d’en atténuer la crise

La mise en avant du porc français a souligné l’intérêt de l’indication d’origine d’autant que la France subit les effets de la hausse de la production européenne sans être réellement actrice. Ce qui sera retenu de 2015 sera sans aucun doute « le porc à 1,40 € » dont il est encore impossible d’en faire le bilan définitif. Toujours est‐il que ce choix a provoqué une rupture nette dans le commerce du porc courant de l’été, non pas parce que le cours à 1,40 € était trop élevé mais parce que la concurrence, à un moment, cotait 20 cents de moins asphyxiant les entreprises françaises pour leur partie export. S’en sont suivies des réductions d’activité déséquilibrant le rapport offre / demande avec les dérives de poids carcasse dont il est constaté des niveaux record sur les abattages de fin d’année avec toutes les conséquences négatives pour les éleveurs tant sur les plus‐values que sur les gestions d’élevage.

Cooperl et Bigard/Socopa quitte le marché

Le contexte particulier de « l’euro quarante » a déclenché la décision de Cooperl et de Bigard/Socopa de suspendre leurs achats au MPB en début août. Au fil des semaines, des prix « maison » ont été décidés par les entreprises avec, pour aboutissement, la suspension de la cotation cadran le 8 octobre 2015. Après plusieurs semaines de négociation sur la convention de marché et, en parallèle, une baisse des cours du porc dans les transactions de gré à gré durant la période, le cadran a pu reprendre le 26 novembre dans un format réduit par rapport au fonctionnement du début d’année : 30 500 porcs par semaine contre 61 000 avant juillet et l’absence constatée d’un opérateur important.

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Source : Marché du Porc Breton

Le « thermomètre cadran » a focalisé les protestations

L’évolution de la production européenne démontre clairement que la France ne fait plus partie des pays dynamiques dans le développement. Les cours du porc en production ne sont pas différents d’un pays à l’autre, pourquoi le Danemark, l’Allemagne, les Pays‐Bas ou l’Espagne progressent pendant que la France stagne ? Par le passé, la filière française a su résoudre son handicap de déficit commercial, c’est donc que les conditions d’expansion le permettaient, pourquoi aujourd’hui la production dans l’Union Européenne se délocalise ? Sans doute que d’autres pays ont des atouts ou des avantages que les français n’ont plus !

De multiples revendications

Tout au long de 2015, les revendications professionnelles majeures ciblaient 2 axes : l’identification d’origine des produits, le dumping social et fiscal. Pas la moindre décision politique n’a été prise laissant la filière française confrontée aux concurrentes très compétitives. Quant au dossier embargo russe, il semble neutralisé par un jeu de stratégies politiques dépassant largement le cadre de la viande de porc et des options sanitaires.

L’impossible équation de 2015

  • Production européenne : + 2,7 à 3 % consécutif à + 1,5 % en 2014 ; + 8 millions de porcs supplémentaires ; + 730 000 tonnes de viande.
  • Exportation pays tiers : + 5 % soit + 150 000 tonnes.
  • Solde pour la consommation intérieure : + 580 000 tonnes.
  • Consommation intérieure : Tendance à la baisse dans plusieurs pays dont l’Allemagne et la France.
  • Prix du porc : Moins 10 %. Prix orienté à la baisse par excès permanent d’offre.
  • Rappel Russie : 2013 = importation de 804 000 tonnes des pays de l’UE. 2015 = importation d’environ 12 000 tonnes des pays de l’UE. Hausse de production de 8 à 10 % (± 250 000 tonnes).

Source : Marché du Porc Breton

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