Réorganiser la filière porcine pour s’en sortir ?

Communiqué FRSEA/JA Bretagne du 13 janvier 2016 :

20 % des éleveurs de porcs au bord du dépôt de bilan ; 20 % de plus en très grande difficulté

Si on veut sauver la filière porcine française, il n’est plus possible d’attendre pour lui apporter des solutions. L’Etat a bien sûr sa part de responsabilité. Il est de son devoir :

  • de compenser les pertes importantes dues à l’embargo russe,
  • d’imposer l’étiquetage obligatoire de l’origine des produits alimentaires, même transformés, afin que les consommateurs puissent acheter en connaissance de cause,
  • de réduire les distorsions de concurrence sociales, fiscales et environnementales, dont souffre la filière porcine française par rapport à ses concurrents européens.

La filière a aussi sa responsabilité. Elle ne peut s’en dédouaner

Cela fait maintenant des mois que la FRSEA et les JA Bretagne et leur réseau syndical portent des propositions de fond. La première étape incontournable est le rapprochement des groupements de producteurs, afin :

  • de massifier leur offre,
  • de disposer d’une plus grande capacité d’investissements dans les outils de transformation,
  • et d’harmoniser leurs cahiers des charges, en vue de permettre aux producteurs de faire face aux acheteurs qui imposent une pression à la baisse et de faire le poids sur les marchés français et internationaux.

L’indépendance et la spécificité des groupements, chacun espérant être le meilleur, ne permettent pas une défense collective des éleveurs et la garantie d’un revenu suffisant. C’est la raison pour laquelle les éleveurs membres des groupements – organisations économiques mises en place par et pour ces éleveurs – ont toute légitimité à demander à leurs groupements l’évolution nécessaire à leur survie et à la pérennité de la filière.

Nous appelons l’ensemble des organisations à ne pas attendre plus pour répondre à nos sollicitations et à celles des éleveurs. Nous sommes prêts à travailler avec les groupements qui montrent un intérêt pour nos demandes.

La distribution a également une part importante de responsabilité

La guerre des prix que se livrent les quatre groupes de distribution se fait toujours au détriment des agriculteurs :

  • les prix payés aux producteurs sont tirés vers le bas,
  • et les industriels sont incités à acheter moins cher en dehors de nos frontières.

Citons également l’absence d’équité et de transparence en matière de répartition des marges entre les différents maillons de la filière. […]

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