Glyphosate cancérogène pour l’homme : l’avis de l’Anses

Suite à la publication des résultats de l’évaluation menée au niveau européen dans le cadre de la procédure de renouvellement d’approbation de la substance active glyphosate, et aux résultats, divergents, du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) concluant à un classement de cette substance en tant que cancérogène probable pour l’homme, l’Anses a été saisie sur les dangers du glyphosate pour la santé humaine.

L’Agence de sécurité sanitaire relève qu’au vu du niveau de preuve limité, une classification « cancérogène avéré ou présumé pour l’être humain » ne peut être proposée, mais qu’une classification en catégorie « substances suspectées d’être cancérogènes pour l’homme » peut se discuter.

La tallowamine au cœur des préoccupations

Pour l’Anses, le classement du glyphosate doit être rapidement revu par l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA). Au-delà de la substance active, les co-formulants contenus dans les préparations à base de glyphosate soulèvent des préoccupations, en particulier la tallowamine. L’Agence lance donc une évaluation sur les risques liés aux co-formulants présents dans l’ensemble des préparations phytopharmaceutiques, avec une priorité donnée aux préparations à base de glyphosate. L’Anses procède également sans délai à la réévaluation des autorisations de mise sur le marché des préparations associant glyphosate et tallowamine.


Le glyphosate est une substance active autorisée en Europe et très largement utilisée en France, en tant qu’herbicide, à la fois par les professionnels (tonnage annuel compris entre 5157 tonnes et un peu plus de 7421 tonnes entre 2008 et 2014), mais aussi par les jardiniers amateurs (tonnage annuel compris entre 1264 et 2055 tonnes entre 2008 et 2014).

Pour rappel

Le « glypho » fait l’objet au niveau européen d’une procédure de renouvellement décennal de son approbation en tant que substance active phytopharmaceutique. Dans ce cadre, l’EFSA coordonne l’évaluation de la substance, avec l’Allemagne (BfR) comme État membre rapporteur. Les conclusions de l’expertise du BfR, qui serviront de base au vote des États membres concernant la réapprobation ou non  de la substance active, recommandent la fixation d’un seuil de toxicité aigüe, ce qui durcit les conditions d’évaluation du glyphosate. Elles considèrent également comme peu probable sa cancérogénicité pour l’homme.

Or, le 10 mars 2015, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), placé auprès de l’Organisation mondiale de la santé, a publié un rapport concluant que le glyphosate devait désormais être classé cancérogène probable pour l’homme (classement 2A du CIRC).

C’est dans ce contexte que l’Anses a été saisie par les ministères en charge de la Consommation, de la Santé, du Travail, de l’Ecologie et de l’Agriculture, ainsi que par les associations de consommateurs  UFC-Que Choisir et CLCV, pour évaluer les conclusions du CIRC et du BfR concernant les propriétés cancérogènes de la substance. L’analyse de l’Agence doit permettre aux autorités françaises de proposer au niveau européen des mesures appropriées lors de l’examen du projet de décision de renouvellement de l’approbation.

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