La PAC à la trappe ?

Communiqué de presse Confédération Paysanne du 15 janvier 2018

La politique agricole commune (PAC) ne serait plus une priorité pour la France ? C’est ce que fait craindre une note des autorités françaises sur leurs perspectives et attentes pour le prochain cadre financier pluriannuel, adressée fin décembre à la Commission européenne.

Dans cette note dévoilée par la presse, la France appelle à un « budget volontariste au service d’une Europe souveraine, qui garantit la sécurité et prépare l’avenir des jeunes Européens » et fixe ses priorités : sécurité, défense et toutes les dépenses permettant de rendre « l’économie européenne la plus compétitive face à ses grands concurrents mondiaux ». Les secteurs mis en avant sont l’éducation, la recherche et l’innovation.

Ces nouvelles priorités impliquent pour la France de réformer en « profondeur » les politiques traditionnelles, dont en premier lieu la PAC qui, de fait, cesserait de figurer au rang des priorités du futur budget de l’UE.

Cette position, rupture historique dans la politique française de défense de la PAC, serait en totale contradiction avec le discours du ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Stéphane Travert, lors de la conférence nationale du 19 décembre dernier, en faveur d’un budget fort de la PAC.

De plus, conduire une transition agricole vers des productions à forte valeur ajoutée, comme prônée par le Président de la République dans son discours de Rungis, exigera un budget conséquent. Cet effort financier est indispensable, non pas pour conserver la PAC actuelle qui continue de vider nos campagnes, ne répondant ni aux attentes des paysannes et paysans ni à celles de la société, mais pour réorienter l’agriculture française.

C’est pourquoi, la Confédération paysanne porte un projet ambitieux pour 2020 permettant d’assurer une alimentation de qualité, de garantir un revenu aux paysannes et paysans grâce à des prix stables et justes et de réussir la transition agricole. Ce projet intègre d’ailleurs à la PAC un volet alimentaire afin d’instaurer une vraie politique de souveraineté alimentaire européenne, nationale et locale.

La Confédération paysanne demande donc au Gouvernement de clarifier sa position et de réaffirmer son soutien à la transition agricole au plan national comme au sein de l’Union européenne.

Voir plus

Articles liés